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Plaza de Mayo

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Itinéraire L’âme Argentine

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par Emilie
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Vous êtes au cœur du centre de Buenos Aires, sur la place de Mai, face à la Casa Rosada, où siège le gouvernement.
C’est un lieu clé de la partie la plus sombre de l’histoire de l’Argentine, sa dictature.
Le 24 mai 1976, une dictature militaire s’empare du pays, des droits et des libertés de ses citoyens. Ce processus de réorganisation nationale, inspiré de la dictature uruguayenne, va mettre en place une méthode d’élimination massive de ses opposants, ce qui a été reconnu juridiquement comme un génocide. Des milliers de personnes, principalement des étudiants, des ouvriers et des militants sociaux, disparaissent dans des centres de détention clandestin, et meurt sous la torture ou jetés dans le Rio de la Plata depuis les vols de la mort. La dictature Argentine a fait près de 30.000 disparus, 15.000 fusillés, 9.000 prisonniers politiques et 1,5 million d’exilés pour 32 millions d’habitants ainsi qu’au moins 500 bébés volés aux parents emprisonnés où nés en captivité et donnés à des familles proches du pouvoir. La dictature séquestrait le présent, mais ôtait également le futur.
Désolée de plomber l’ambiance comme ça, mais c’est un sujet hyper important en Argentine, très frais dans les mémoires et vous ne pouvez pas passer par la place de Mai sans comprendre toute l’ampleur du sujet.
Vous voyez des foulards blancs noués peints sur le sol. Ils sont le symbole des mères de la place de Mai, devenus les grands-mères de la place de Mai.
En 1977, après un an de terreur et de disparitions inexpliquées, dans un pays sans droits, une patrie sans justice et où la vie de ses habitants n’a plus aucune valeur, un groupe de femmes, mères d’enfants commence à demander où sont leurs enfants ? Elles se réunissent pacifiquement autour de la pyramide de Mai réclamant qu’on leur rende leurs enfants détenus illégalement, vivants. Elles portent, en signe de protestation, des foulards blancs, à l’origine, les langes en tissu de leur bébé. Elles attendent un rendez-vous avec le chef de la junte. Comme on leur a rétorqué de “circuler!”, elles tournent en rond sur la place. Et le feront tous les jeudis, et ces mères, devenues grands-mères et arrière-grand-mères, le font encore aujourd’hui.
Certaines commencent alors à demander ce qu’il en est des enfants de leurs enfants disparus. Ces douze mères se demandent également ce qui va arriver aux bébés de leurs filles ou belles-filles capturées enceintes. C’est une lutte perdue d’avance. Elles sont sans réponse, méprisées et ignorées, mais rien ne vaut la ténacité d’une mère qui n’a plus rien à perdre. Elles s’organisent. Se réunissent en secret, frappent à toutes les portes, rédigent des pétitions, des plaintes à soumettre à la justice, rassemblent des informations sur leurs petits enfants qui continuent à grandir loin d’elles et qu’elles ne reconnaîtront bientôt plus.
Elles savent que l’on peut reconnaître génétiquement les enfants et leurs parents, mais ici justement, les parents manquent terriblement. En 1983, une équipe de chercheurs américains trouve une formule de filiation même en absence des parents. C’est-à-dire que l’on peut désormais établir un lien de parenté grâce à une analyse de sang grands-parents / petits-enfants.
Et justement, 1983 marque aussi la fin de la dictature en Argentine. Les grands-mères de la place de mai militent pour la création d’une nouvelle loi qui sera votée et mettra en place la Banque Nationale des Données génétiques en 1987. Dorénavant, toutes les familles dont les enfants et petits-enfants ont disparu pendant la dictature peuvent entrer dans la banque de données leurs cartes génétiques. Les “abuelas” insistent depuis le début de leur lutte pour le droit à l’identité. Sachez qu’au départ on appelait les couples à qui l’ont avaient donné les bébés volés, les parents de cœur. Les grands-mères sont convaincues que la restitution de l’identité est le seul chemin vers leur libération. Une commission de droit à l’identité, le CNDI, est alors créée en Argentine. Toute personne ayant un doute sur son identité peut désormais se présenter à la Commission et obtenir un rendez-vous avec la banque du sang.
Quelques années après le retour de la démocratie chérie, cinq chefs de la dictature sont jugés, mais la pression des militaires permet la création de la loi du point final qui interdit tout bonnement les poursuites pénales contre les crimes commis pendant la dictature argentine. Mais cette amnistie magique ne couvre pas le vol de bébé et a permis la condamnation à des peines de cinquante ans de prison envers certains des dirigeants.
En 1998, ces lois sont enfin abrogées, mais sans effet rétroactif, donc ça ne change pas grand-chose. Par contre, en 2005, le gouvernement de gauche de Nestor Kirchner déclare les lois d’impunité anticonstitutionnelles. Depuis, les procès s’enchaînent. En 2021, plusieurs dirigeants de la dictature sont condamnés à perpétuité pour crimes contre l’humanité.
Une centaine de bébés ont été identifiés entre 1977 et 2020, permettant à de jeunes adultes de comprendre enfin le mystère de leur naissance et de connaître la vérité sur leurs parents et de transmettre à leur tour à leurs enfants l’histoire de leurs racines.
Les grands-mères continuent, chaque jeudi, leur marche pacifique sur la place de mai. Leur lutte est notre lutte à tous et leur ténacité à plus de 80 ans, une grande leçon de courage et d’espoir.

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